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6 /01/23 - Médiatisation des otages : Gilles Ferragu, historien



Spécialiste du terrorisme et auteur d’«Otages, une histoire» (Gallimard, 2020), l’historien Gilles Ferragu revient sur les particularités de la médiatisation de la détention du journaliste Olivier Dubois.



e correspondant de Libération, du Point et de Jeune Afrique est otage des jihadistes au Mali depuis vingt-et-un mois. L’historien des médias Gilles Ferragu constate que l’attention de l’opinion publique est plus difficile à capter depuis la chute de Daech et l’émergence de nouvelles crises sociales en France.


Quel est traditionnellement le rapport de l’opinion publique aux prises d’otages de journalistes ?



Dans l’histoire des otages, les enlèvements de journalistes ont été un tournant : tout à coup, la corporation des médias se sentait plus concernée. Cela commence en 1986 avec les prises d’otages au Liban du chercheur du CNRS Michel Seurat et du reporter Jean-Paul Kauffmann. A l’époque, la presse et surtout la télévision vont s’emparer de cette affaire. Le journal télévisé de France 2 donne au quotidien le décompte des jours depuis leur enlèvement, ce qui avait déjà été mis en place aux Etats-Unis lors de la crise des otages en Iran, à partir de 1979.

L’Etat, les médias et, dans une certaine mesure, les organisations terroristes réalisent donc l’influence que peut avoir le fait de prendre en otages des journalistes. Pour l’Etat, cela suppose des précautions différentes, parce qu’il s’agit de quelqu’un d’exposé médiatiquement. Du point de vue des journalistes, la question est de relayer ou non l’information, pour préserver la vie de l’otage. Pour les organisations terroristes, la question se pose en sens inverse : plus l’information est relayée, plus les enchères montent.

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